bonzen: mars 2017

vendredi 31 mars 2017

La Turquie se retire de Syrie ou prépare le sabotage ?



Le Conseil de sécurité nationale turc a annoncé soudainement la fin de l’opération « Bouclier de l’Euphrate » [*] lancée en août 2016 par l’entrée officielle de l’armée turque dans la ville frontalière syrienne de Jarablus occupée par Daech, sans combat et sans  accord avec le gouvernement syrien ; le but déclaré de l’opération étant de prendre Al-Bab [occupée par Daech], puis Manbij [contrôlée par les forces kurdes soutenues par les USA], pour participer à la libération de Raqqa toujours occupée par Daech.
Officiellement, l’opération s’arrête car elle aurait atteint ses objectifs, alors que l’armée turque et les milices associées n’ont réussi ni à entrer dans Manbij, ni à participer aux opérations de libération de Raqqa.
Que signifie cette annonce alors que la mission n’est pas accomplie ? Question d’autant plus pertinente qu’elle coïncide avec l’échec des pourparlers turco-américains pour parvenir à une entente au sujet de la bataille de Raqqa, vu le problème du soutien américain aux Kurdes. Un soutien ayant justifié l’invasion du territoire syrien par ladite opération « Bouclier de l’Euphrate » et le lâchage de Daech, quitte à ce que la Turquie subisse les conséquences d’une confrontation guerrière avec l’organisation terroriste.
Ce qui n’a pas empêché les Américains de se montrer de plus en plus déterminés à soutenir les Kurdes, malgré la colère des Turcs, tandis que les Russes ne sont pas prêts à radier une composante syrienne, considérée comme un partenaire incontournable dans tout règlement futur entre Syriens, pour les beaux yeux des Turcs.
En effet, bien que les Russes soient contre la persistance de forces militaires sécuritaires spécifiquement kurdes ou la création d’un canton kurde en Syrie, ils ont informé le président turc que cette position impliquait la restitution de tous les territoires syriens à l’Armée arabe syrienne, sous la direction d’un gouvernement syrien élargi d’union nationale, lequel devra être reconnu et soutenu, par tous, dans sa guerre contre le terrorisme.
Dès lors, la question devient : cette annonce correspond-t-elle à un premier pas vers l’acceptation des conseils russes ? Car, effectivement, une telle annonce signifie le retrait de l’armée turque des territoires syriens, et ceci sans retour, puisqu’elle précise que les objectifs de l’opération Bouclier de l’Euphrate ont été atteints. [sauf que le premier ministre turc, Binali Yildirim, n’a pas exclu une autre opération qui portera un autre nom en cas de nouvelle « menace »… ; NdT].
Mais, en l’occurrence, il n’y pas de signes indiquant une amélioration des relations turco-russes, lesquels permettraient de la placer dans le cadre d’une initiative  positive. Au contraire, la Turquie ne cesse de loger les positions de Moscou et de Washington sous la même enseigne, assimilant leurs relations avec les groupes armés kurdes à des coups de poignards dans son dos.
Ce qui indique que la Turquie a décidé de passer outre sa coopération avec Moscou et Washington [dans leur guerre contre le terrorisme] : avec Moscou en refusant de coopérer avec l’État syrien, avec Washington en refusant de coopérer avec les Kurdes.
En effet, par cette annonce Ankara signifie à Moscou et à Washington qu’elle vient de créer un vide stratégique qui ne demande qu’à être comblé par celui qui arrivera le premier sur place, en sachant que dans cette course ils auront affaire à des milices implicitement soutenues par la Turquie [la nébuleuse armée syrienne libre, ou ASL, couvrant le Front al-Nosra et ses différentes appellations; NdT], sans qu’ils puissent la tenir pour responsable de leurs débordements. Ces milices pourraient demain se confronter aux Kurdes, ils ne pourront pas lui demander de les arrêter. Ces milices pourraient aussi se confronter à l’Armée syrienne, ils ne pourront pas lui opposer qu’elle est garante du cessez-le-feu, conformément à l’Accord tripartie d’Astana. La garantie n’est finalement que politique sans possibilités d’influence sur le terrain.
Ankara signifie aussi que la guerre menée par le Front al-Nosra contre l’Armée syrienne est fin prête pour s’étendre encore plus vers le Nord, sans que quiconque ne puisse exiger d’elle quoi que ce soit, ou l’accuser de quoi que ce soit.
Par conséquent, le but de la Turquie est « plus de chaos » qui témoignerait de l’importance de son rôle. Un stratagème compatible avec la vanité criminelle qui commande les calculs du président turc Recep Erdogan. Lequel stratagème mérite de libérer l’Armée arabe syrienne de toute contrainte, afin qu’elle dispose de toutes les armes disponibles et oblige les factions armées, soutenues par la Turquie, à choisir entre les exigences de l’accord de cessation des hostilités d’Astana et une opération militaire qui ne tiendrait plus compte des soldats turcs censés avoir quitté le territoire syrien, comme le prétend cette annonce.
Pourtant, Erdogan devrait savoir que Moscou répond à ce genre d’obstination avec encore plus d’opiniâtreté, et que le comportement turc à la manière israélienne, adoptée par Netanyahou lors de sa dernière visite à Moscou, recevra une réponse de même nature.
Ankara est donc passée de la provocation au chantage. Moscou, Damas et Téhéran sont décidés [à éradiquer le terrorisme] et n’en ont cure. Washington a perdu l’agent chargé de son jeu politique et militaire et doit se résigner à ce que sa présence soit limitée aux régions où sévissent les Kurdes, le reste étant occupé par Daech ou des groupes armés dirigés par le Front al-Nosra.
Nasser kandil
Nasser Kandil est un homme politique libanais, ancien député, Directeur de Top News-nasser-kandil, et Rédacteur en chef du quotidien libanais « Al-Binaa »

Voici la redoutable agence d’espionnage américaine dont personne n’a jamais entendu parler. Slate


Comment une redoutable agence d’espionnage dont personne n’a jamais entendu parler pourrait être utilisée pour surveiller les Américains.
 À 25km au sud de Washington, sur une base militaire lourdement protégée, se trouve une agence d’espionnage dont peu de personnes connaissent l’existence. Barack Obama en personne semblait ne pas en reconnaître le nom après cinq mois de mandat. En mai 2009, alors qu’il se trouvait dans un fast-food de l’enseigne Five Guys, à Washington, pour un bain de foule, il s’était adressé à un client assis à une table. «Vous faites quoi dans la vie?» avait demandé le Président. «Je travaille à la NGA, la National Geospatial-Intelligence Agency», avait répondu le client. Obama avait semblé interloqué. «Et qu’est-ce exactement que cette National Geospatial…» avait-il dit, incapable de se rappeler du nom complet de l’agence. Huit ans après la diffusion de cette vidéo, la NGA reste, de loin, la moins célèbre des cinq grandes agences de renseignements américaines, parmi lesquelles se trouvent notamment la CIA et la NSA.

La NGA est aux images ce que la NSA est aux voix

Pourtant, en dépit de ce manque de reconnaissance, les bureaux de la NGA constituent le troisième bâtiment le plus important de l’agglomération de Washington. Ils sont plus grands que le siège de la CIA et que le Capitole.
Achevé en 2011 pour un coût de 1,4 milliard de dollars, le bâtiment principal mesure quatre terrains de football et couvre la même surface que deux porte-avions. En 2016, l’agence a acheté 40 hectares de terrain à St. Louis afin d’y construire un bâtiment supplémentaire pour y installer son personnel sans cesse croissant (déjà 3.000 employés en ville). Coût total: 1,75 milliard de dollars.
La NGA est aux images ce que la NSA est aux voix. Sa fonction principale est d’analyser les milliards d’images et de vidéos prises par les drones au Moyen-Orient ainsi que par les satellites-espions en orbite autour du monde. Toutefois, ayant toujours plus ou moins pointé ses caméras haute-résolution vers l’étranger plutôt que vers les États-Unis, comme le montrent plusieurs études, l’agence n’a jamais été impliquée dans des scandales d’espionnage intérieur comme ont pu l’être la CIA et la NSA. Il existe toutefois des raisons de penser que cela pourrait changer avec Donald Trump.
Durant toute la campagne des présidentielles et lors des premiers mois de son mandat, Donald Trump a bien montré sa volonté d’assouplir les contraintes sur les agences de renseignements, d’augmenter le budget de la défense et d’avoir une politique très sécuritaire. Il est par conséquent très probable que le nouveau président américain utilisera tous les outils à sa disposition pour mener sa politique à bien, y compris la surveillance aérienne.
En mars 2016, le Pentagone a publié les résultats d’une enquête conduite à l’initiative du bureau de l’inspecteur général du département de la Défense au sujet de l’utilisation de drones-espions militaires sur le territoire américain. Le rapport, classé «For Official Use Only»(réservé au service) et partiellement rédigé, montrait que le Pentagone avait utilisé moins de vingt fois des drones de surveillance non armés sur le territoire américain entre 2006 et 2015 (le rapport en question n’identifie pas la nature des missions, mais un autre document du Pentagone a recensé onze opérations domestiques de drones, principalement lors de catastrophes naturelles, pour des opérations de recherches et de secours et pour des entraînements de la garde nationale).

Faire d’une arme pour l’extérieur une arme intérieure

L’enquête citait également un article de l’Air Force law review qui signalait les inquiétudes croissantes de voir une technologie conçue pour espionner des ennemis à l’étranger se transformer rapidement en instrument de surveillance des citoyens à l’intérieur du pays. «À mesure que les États-Unis se retirent de ces guerres… les outils deviennent disponibles pour d’autres commandements combats (COCOM) ou agences des États-Unis et l’envie de les utiliser dans un cadre national pour recueillir des images aériennes ne cesse de grandir».
Même s’il était déclaré dans le rapport que toutes les missions étaient conduites dans le plus strict respect de la loi, il y était aussi indiqué que, pour ce qui était de 2015, il n’existait pas de statuts fédéraux uniformisés «traitant spécifiquement du recours à un DoD UAS (aéronef sans pilote) si cela était requis par les autorités civiles nationales». Au lieu de cela, les drones de reconnaissance dépendant d’un règlement du Pentagone qui impose que chacune de ces opérations sur le territoire national soit approuvée par le Secrétaire de la Défense. Ce règlement impose, en effet, que les drones ne puissent «procéder à des opérations de surveillance sur des ressortissants américains» que si elles sont permises par la loi et approuvées par le Secrétaire de la Défense. Ce règlement interdit également l’utilisation de drones armés sur le territoire américain hormis pour les entraînements militaires et les essais d’armements.
En 2016, à l’insu de nombre de responsables de la ville, la police de Baltimore a commencé à mener des opérations de surveillance aériennes récurrentes à l’aide d’un système développé pour un usage militaire en Irak. Peu de civils ont conscience du niveau de développement qu’ont atteint ces caméras militaires volantes. Parmi elles se trouve notamment l’ARGUS-IS, caméra la plus performante au monde avec une résolution de 1,8 milliard de pixels. Invisible depuis le sol à une altitude de 6 km, elle utilise une technologie baptisée «persistent stare» (regard persistant) — soit l’équivalent de 100 drones Predator qui surveilleraient en même temps une ville de taille moyenne— pour pister tout ce qui bouge.
Un seul de ces drones ayant la capacité de surveiller entre 25 et 40 km² environ de territoire en une seule fois, il suffirait de mettre deux drones au-dessus de Manhattan pour suivre en continu toutes les activités humaines qui s’y déroulent en extérieur, de jour comme de nuit. Leurs zooms sont si puissants qu’ils peuvent permettre de distinguer un morceau de beurre dans une assiette et ils peuvent stocker jusqu’à 1 million de téraoctets de données par jour. Ces capacités pourraient permettre à des analystes d’observer tout ce qui s’est passé dans une ville plusieurs jours, semaines ou mois auparavant. En outre, des recherches sont en cours pour permettre aux drones de rester en vol plusieurs années de suite

Tokyo se prépare à pilonner Pyongyang



Certains médias annoncent que le Japon veut obtenir le droit d’effectuer des frappes préventives contre les bases nord-coréennes depuis lesquelles Pyongyang lance ses missiles.
Selon les médias, une proposition officielle à ce sujet sera présentée au gouvernement japonais très prochainement. Les députés du Parti libéral-démocrate du Japon qui est actuellement au pouvoir envisagent d’apporter des amendements à la constitution du pays permettant à Tokyo d’effectuer des frappes préventives contre Pyongyang.
Cette initiative s’explique par le fait que la Constitution actuelle, adopté à l’issue de la Seconde Guerre Mondiale interdit au Japon de participer aux hostilités (s’il ne s’agit pas d’autodéfense) et par conséquent ne permet pas de donner une réponse aux agressions nord-coréennes.
Certains experts estiment que ces initiatives ont été d’avance sanctionnées par le gouvernement japonais. Si les amendements sont apportés, ils auront un caractère dissuasif pour les ennemis du Japon.
Auparavant, Pravda.Ru a rendu public que le Japon avait convoqué une réunion du Conseil national de sécurité. Ces informations ont été confirmées par le premier ministre du pays Shinzo Abe. Cette démarche est intervenue suite au tir de quatre missiles effectué par la Corée du Nord. Les missiles balistiques ont parcouru environ 1 000 km. Trois d’entre eux sont tombés dans la zone économique exclusive du Japon.
« Ceci montre clairement que la Corée du Nord a atteint un nouveau degré de menace. Après cette séance (au Parlement), je vais convoquer le Conseil national de sécurité. Les tirs répétés de la Corée du Nord sont un acte de provocation pour notre sécurité et une violation flagrante des résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu. Nous ne pouvons en aucun cas tolérer cela », a dit M. Abe.
Pyongyang a également  qui montre « une attaque des forces aériennes nord-coréennes » contre un porte-avions et un bombardier militaire américains en réponse à des manœuvres militaires conjointes États-Unis – Corée du Sud non loin de ses côtes.